Mon deuxième trimestre de grossesse : de la lune de miel au diabète gestationnel

MJ17 août 2020

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais vous remercier pour l’accueil chaleureux que vous avez réservé à l’article consacré à mon premier trimestre de grossesse. J’avais beaucoup hésité à écrire un article si personnel mais au vu des messages que j’ai reçu sur les réseaux sociaux, je me dis que cela était utile pour libérer la parole de certaines femmes qui vivent ou ont vécu un parcours similaire au mien.

Hélas, le chemin vers la maternité est souvent compliqué et semé d’embûches. La grossesse n’est pas toujours ce moment d’extase que l’on veut nous faire croire et ces neuf mois sont souvent source de stress, d’angoisse, voire de petits moments de déprime. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai mis du temps à rédiger ce deuxième article (je suis aujourd’hui au début de mon huitième mois de grossesse). Certaines nouvelles liées à ma grossesse m’ont mis le morale à zéro au début de mon troisième trimestre. J’avais donc besoin de prendre du recul avant de me replonger dans ces trois derniers mois afin de réussir à en faire ressortir le meilleur. Car malgré tout, j’adore être enceinte et rien ne me réjouit plus que sentir mon fils au creux de mon ventre.

Quatrième mois : un moral au beau fixe

Le second trimestre de grossesse est souvent qualifié de lune de miel. En effet, les maux de grossesse ont tendance à disparaître et notre ventre n’est pas encore assez gros pour nous gêner. C’était effectivement le cas pour moi lors de mon quatrième mois de grossesse. Exit les craintes de fausses couches, l’échographie du premier trimestre s’était très bien passée. On avait appris que l’on attendait un garçon, ce qui nous permettait de commencer à nous projeter, notamment en imaginant sa chambre et en lui achetant ses première petites affaires. Et surtout il était en pleine forme !

En raison du confinement, je travaillais depuis la maison et je me faisais chouchouter par JC qui gérait toute la logistique (cuisine, ménage, courses, bricolage, jardinage…). Moi qui suis de nature casanière, j’ai plutôt bien vécu le confinement. J’étais ravie de profiter non-stop de mon mari et de la maison lors de ce doux printemps. On avait instauré de nouvelles habitudes, on testait plein de recettes de cuisine et on avait appris à s’occuper différemment en ressortant par exemple les jeux de société. Bref, c’était une vraie lune de miel, aussi bien avec mon mari qu’avec mon bébé !

Seule petite ombre au tableau, le dépistage de la trisomie nous a causé quelques sueurs froides. Etant donné mon âge, le premier résultat donnait une probabilité assez importante d’avoir un enfant trisomique. On le savait, la gynécologue nous y avait préparé. On attendait donc le coeur serré le résultat de la seconde prise de sang mais cela a pris énormément de temps. Même si on essayait de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, cette attente a paru interminable à la stressée et impatiente que je suis. Mais, ouf, les résultats du deuxième test se sont avérés négatifs. Il n’y avait plus rien pour gâcher notre plaisir et on pouvait maintenant en profiter sereinement et l’annoncer au monde entier !

Cinquième mois : le retour de bâton

Vers la moitié du cinquième mois, j’ai commencé à ressentir une très grande fatigue, le genre de fatigue qui s’abat sur vos épaules et vous cloue quelques heures au canapé sans comprendre pourquoi. Au départ, j’ai mis ça sur le compte du télétravail. C’est bien pratique de travailler de chez soi mais c’est tout aussi stressant et fatigant, notamment car je ne comptais pas mes heures (pas de train à prendre donc j’avais tendance à travailler plus tard que d’habitude) et j’avais plus de difficultés à faire des pauses (pas de collègue avec qui aller papoter autour de la machine à café). Puis, j’ai commencé à faire quelques malaises, rien de grave mais des vertiges, des sueurs froides, la sensation que l’on va tomber dans les pommes. Y avait effectivement quelque chose qui ne tournait pas rond, mais quoi ?

Mes analyses de sang mensuels ont rapidement mis à jour une grave carence et une anémie, conséquences de mes maladies auto-immunes. Rien de grave, mais il fallait prendre cela en charge pour que je puisse retrouver la forme. Mon médecin a donc revu mon protocole de soin pour augmenter significativement mon traitement jusqu’à l’accouchement et ma gynécologue m’a arrêtée pour me requinquer.

Je ne pouvais m’empêcher de culpabiliser d’être arrêtée. Je suis plutôt de nature hyperactive et j’imaginais pouvoir mener de front travail et grossesse jusqu’au bout, sachant que je n’avais plus besoin de faire les aller-retours en TGV. Mais surtout, je me sentais très mal vis à vis de mes collègues que j’ai laissés tomber du jour au lendemain alors que la charge de travail était conséquente. C’est à cette période que j’ai commencé à consulter une sage-femme pour initier ma préparation à l’accouchement et celle-ci m’a tout de suite déculpabilisée. Mon corps me rappelait à l’ordre. Pour une fois il fallait que je l’écoute et que je lâche prise, je n’avais pas d’autre choix pour moi et mon bébé. J’ai accepté cette situation, non sans terminer avant quelques dossiers importants pour le bureau (on ne se refait pas !) puis j’ai commencé tout doucement à m’éloigner de mon ordinateur et de mon téléphone professionnel pour me concentrer sur mon bébé et ses besoins.

Loin de moi l’idée de ne dresser qu’un tableau sombre de ma grossesse. Il y a également des moments uniques, des premières fois qu’on n’oublie pas et auxquelles on repense avec beaucoup d’émotions. Au cours du cinquième mois, j’ai ainsi commencé à sentir mon bébé bouger. Quelle sensation ! J’ai eu pas mal de difficultés à me rendre compte qu’il bougeait. On me parlait de papillons dans le ventre, de petites bulles qui explosent, mais je ne ressentais rien de tout ça. En fait, j’aurais plutôt tendance à comparer ses premiers mouvements à des petits désagréments intestinaux, de légers gaz. Mais bon, c’est beaucoup moins poétique ! Cette nouvelle étape rendait tout beaucoup plus concret. Junior était bien là, au creux de mon ventre qui n’a cessé de grossir pendant ce cinquième mois. Je nous ai d’autant plus chouchoutés à partir de ce moment là, en prenant encore plus soin de nous et de notre bien-être.

Sixième mois : le diabète, la cerise sur le gâteau !

Au cours du sixième mois, j’ai passé le fameux test de dépistage du diabète gestationnel. Alors que je franchissais la porte du laboratoire avec un peu d’appréhension car j’avais lu des retours d’expérience peu sympathiques (en fait, ce n’est pas si terrible que ça), je n’étais en revanche pas du tout stressée par le résultat. Je n’avais jusqu’à présent eu aucun problème de glycémie (toutes mes prises de sang étaient nickel) et je mangeais équilibré, comme en témoignait ma prise de poids limitée durant ma grossesse.

Lorsque ma gynécologue m’a appelée pour m’annoncer que j’avais du diabète gestationnel, ce fut la douche froide. Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai rapidement pris rendez-vous avec un endocrinologue pour mettre en place le régime adéquat et tester ma glycémie six fois par jour pendant 15 jours afin de faire un bilan. Ce fut une période très difficile à vivre pour moi. J’étais envahie par un sentiment de colère, d’injustice et de ras le bol : pourquoi est ce que cela tombait encore sur moi ? Mais, comme pour chaque nouvelle épreuve que la vie nous apporte, on s’adapte. De toute façon, dans ce cas précis, on n’a pas le choix car la santé de notre bébé est en jeu.

J’ai rapidement mis en place de nouvelles habitudes alimentaires, sans trop de difficultés finalement car ma naturopathe m’avait depuis longtemps sensibilisé à l’indice glycémique des aliments. Alors oui, c’est frustrant car ce sont de nouveaux interdits alimentaires qui s’ajoutent à ceux de la grossesse et on a un peu l’impression de ne plus pouvoir se faire plaisir (aucun sucre rapide, uniquement 2 fruits par jour à la fin des repas, 4cs maximum de féculents cuits à chaque repas…). Mais on s’y habitue et on arrive à concocter de nouvelles petites recettes plaisir ! Mon histoire avec le diabète est loin d’être terminée mais je vous en dirais plus dans mon prochain article dédié à mon troisième trimestre de grossesse.

Au cours du sixième mois, nous avons commencé à suivre des cours d’haptonomie. Cette thérapie du bien-être a pour objectif de nous apprendre à communiquer avec notre bébé in-utero. Elle a pour principal avantage d’impliquer le papa et de lui donner une vraie place, que cela soit pour soulager les petits maux de la maman ou pour partager des moments uniques avec son bébé. Ce fut une véritable bouffée d’oxygène pour nous, qui est arrivée à point nommé pour nous aider à affronter le climat assez anxiogène et hyper médicalisé de ma grossesse. Nous adorons ces moments privilégiés passés avec notre bébé, qui permettent également de se reconnecter en tant que couple. Même si JC était un peu hésitant lorsque je lui ai parlé d’haptonomie, il est maintenant totalement conquis et ne raterait une séance sous aucun prétexte !

C’est également au cours du sixième mois, que nous avons aménagé la chambre de Junior. Côté travaux, il n’y avait pas grand chose à faire, juste un petit coup de peinture. En revanche, côté décoration, on avait tous les deux très envie de créer un cocon tout doux à notre fils. Matières naturelles, objets vintage, meubles pratiques, je vous avais partagé dans cet article mes inspirations déco. Maintenant que la chambre est terminée, on peut dire qu’on n’est pas très loin des photos Pinterest qui nous faisaient rêver. Mais je vous ferais découvrir cela très rapidement dans un nouvel article !

La suite au prochain épisode…

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